Le projet culturel et architectural

Une vaste campagne de travaux, confiée à l’architecte Loïc Julienne – Atelier Construire, est menée en 2019-2020 afin d’offrir des espaces de conservation et de consultation rénovés et augmentés, et de disposer de lieux de médiation, de rencontres et de pratique entièrement repensés.

Objectif : mettre le bâtiment aux normes d’un ERP (établissement recevant du public) et l’adapter à l’accueil des personnes à mobilité réduite. Grâce aux dispositions testamentaires de Henry-Louis de La Grange, la Médiathèque Musicale Mahler (MMM) bénéficiera de 250 m² de surfaces supplémentaires pour ses activités.

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Le mot de Loïc Julienne – architecte

« Nous ferons parler le bâtiment existant en lui insufflant une nouvelle vibration.

Dans une classification des arts, Gustav Mahler plaçait l’architecture en toute dernière position. Elle n’était selon lui qu’un travail sur « les rapports des masses et des mesures* ».

Sans rancune, nous espérons faire de ce lieu que Henry-Louis de Lagrange et Maurice Fleuret ont légué à la Fondation de France un modèle d’architecture au service de celui qu’il considérait comme le premier des arts : la musique.

Sans plagier Gustav Mahler dans la démesure et le pathétique mais en accompagnant le visiteur avec simplicité, joie et efficacité dans sa nouvelle expérience d’une collection musicale unique en Europe, nous ferons parler le bâtiment existant en lui insufflant une nouvelle vibration.« 

*Natalie Bauer-Lechner, Souvenirs de Gustav Mahler – Mahleriana, éd. I. Werck, Paris, L’Harmattan, 1998, p. 44.


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Aménagement de la Médiathèque Musicale Mahler

Dès l’entrée, le porche entièrement rénové devient un petit salon extérieur tel un foyer qui nous amène à une nouvelle entrée avant les quelques marches qui mènent à la « grande maison ».
Le rez-de-chaussée est totalement transformé, offrant un vaste espace d’accueil côté cour, complété par un vestiaire pour les soirs de spectacle et deux salles côté rue dédiées à la médiation avec la mise en place d’une scénographie audio-visuelle.
Le premier étage accueille deux salles de musique, utilisables par les artistes en résidence et ouvertes au public pour de petits formats de concert (de soixante-dix personnes environ). L’acoustique de ces salles permettra à la fois la simultanéité des propositions et le respect du silence nécessaire à la consultation des ouvrages de la médiathèque.
Les archives consultables sont installées au niveau 2, dans une configuration assurant un grand confort aux documentalistes comme aux chercheurs.
Le « salon des miroirs » est conservé dans son décor historique pour servir de salle d’accueil et de réunion.
Le troisième étage regroupe dans un seul grand volume les fonds de Henry-Louis de La Grange et de Maurice Fleuret. Une chambre forte est aménagée pour accueillir dans de parfaites conditions thermiques et hygrométriques les pièces rares et fragiles de la collection, qui seront consultables dans un espace dédié également contrôlé.
L’administration prend place dans les combles, dont les plafonds disparaissent pour retrouver le volume sous toiture, avec la mise en oeuvre d’une isolation thermique efficace.
Le grand escalier public est prolongé entre les niveaux 3 et 4 et couvert par une vaste verrière qui amène la lumière naturelle jusqu’au rez-de-chaussée. De cette verrière descendront des éléments métalliques formant un lustre lumineux aux couleurs de Gustav Mahler, venant éclairer le hall principal et la cage du grand escalier.
A côté de cet escalier monumental, un escalier de secours encloisonné est créé de toutes pièces et permet d’assurer la sécurité du public en cas d’incendie.
Un ascenseur neuf est mis en place et permet l’accessibilité des personnes à mobilité réduite à l’ensemble des niveaux.
Les aménagements mettront en contraste les modénatures historiques et les interventions contemporaines ; l’éclairage jouera un rôle majeur dans la mise en scène des espaces rénovés.
La capacité globale de linéaire de rangement et de présentation est multipliée par quarante pour cent.
Le chantier lui-même sera traité comme un acte culturel et sera ponctué d’ouvertures au public, soit pour de simples visites des travaux en cours, soit pour des concerts « en chantier ».
Après environ un an de travaux, c’est un équipement profondément renouvelé qui sera offert au public, mettant en valeur ses qualités patrimoniales tout en faisant entrer ses collections dans un dialogue à la fois plus simple et plus direct avec ses visiteurs.


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